, Philippe Weissbrodt

Lorsque le safari s'attaque au "4000 des Dames"


“Rien ne sert de courir , dit le vieil adage. Il semble qu’il en aille de même pour l’ascension du Bishorn (le  4000 des Dames , tel qu’on l’appelait volontiers par le passé ; cette appellation est sans doute prohibée aujourd’hui, à raison, par la doxa de l’égalité des genres et du langage inclusif). Ainsi, ceux qui souhaitaient commencer le safari  en avance  le jeudi auront pu rester au lit, faute des conditions atmosphériques requises. Et tout le monde partira le vendredi matin, le groupe s’étoffant au fur et à mesure des arrêts des transports publics : 9 Piolu·e·s et 1 invité.

C’est à nouveau Léo Scyboz qui dirigera la balade du Piolet, secondé par Patrick (Patou) Mésot que nous découvrons. On ne change pas (trop) une équipe qui gagne (presque toujours) !

On chausse les skis au-dessus de Saint-Luc, au Tignousa, pour faire un peu de tire-fesse en direction de la Bella Tola. (On est sportif au Piolet Club, mais de toute évidence pas à se faire péter une durite à côté des pistes…)

Alors, le val de Tourtemagne s’offre à nous dans toute sa splendeur (et ses interminables flancs de coteaux si chers aux chevilles de certain·e·s).

On voit la cabane de Tourtemagne (2519 m.) de loin. Et après avoir plongé en bas et au fond du val de Tourtemagne, il faudra un petit effort pour l’atteindre.

Après cette mise en jambes en douceur (et longueur), on passera une belle nuit, avec un ciel magnifiquement étoilé devant les langues des glaciers du Brunegg et de Tourtemagne, objectifs du lendemain pour joindre la cabane de Tracuit.

On attaque le samedi matin un peu avant 8h, ciel bleu, sourires étincelants, baudriers serrés et skis en mode  descente . Ce ne sera que pour mieux remonter le couloir, un peu étroit et raide au goût de certains, qui mène au glacier du Brunegg, dont l’extrémité gauche de la langue bifide rejoint celle de Tourtemagne.

Reste alors une jolie grimpée qui nous mène à la large étendue du glacier de Tourtemagne, puis à Tracuit (3255 m.).

Un petit groupe poussera jusqu’à la tête de Milon (3685 m.), histoire de chatouiller un peu les hauteurs et se fatiguer (on dormira mieux, pense-t-on… pas sûr…). Sur la descente de puis Milon, les premiers flocons tombent. Et c’est depuis la cabane que les Piolu·e·s regarderont la neige tomber. Augurant un glacier un peu moins à vif le lendemain.

Dimanche matin, on se met en route vers 7h30. Il fait beau mais froid. Et c’est chaudement vêtus et protégés derrière les masques de ski et les tours de cou que nous gravissons le glacier bien exposé au vent dès que la pente se fait sentir.

Léo et Patou nous pratiquent un itinéraire parfait, et sortent les cordes à mi-chemin pour faire évoluer notre groupe séparé en deux.

Certes, il y a le vent. Mais outre les ponts fragiles à éviter (les guides veillent pour nous) et la glace vive, il n’y a pas de difficulté. Mais un 4000, ça se mérite tout de même !

Au sommet, il ne souffle plus. On pourrait même pique-niquer au sommet ! Mais on gardera ça pour plus bas. Quelques accolades et photos plus tard, on retire les peaux au dépôt de skis, puis on attaque la descente jusqu’à la cabane où l’on cassera la croûte.

Vient alors le moment de retrouver la civilisation. Le groupe, plus ou moins dans l’ordre, attaque  la grande descente  jusqu’au fond du vallon de Zinal, avec une neige variable, un petit repeautage pour passer le col de Milon, et l’occasion de bien entamer ses carres ou ses semelles, si le reste de la saison ne l’avait pas déjà fait !
Petit coup final : un petit quart d’heure de skating nous attendait alors avant de joindre Zinal.

Hormis l’ajustement de quatre sur trois jours pour certain·e·s, ce safari 2026 ajoute une coche à la collection de réussites du club !